« Quand t’es con, tu sais pas que t’es con puisque t’es con… Alors que quand t’es pas con, tu sais que parfois t’es con »

Jean-Claude Van Damme

C’est con de ne pas parler à l’autre qu’on prend pour un con, parce qu’en s’y prenant comme ça, on le condamne à rester con. Et chacun étant le con de l’autre, on ne risque pas d’aller loin, si tant est qu’on veuille aller quelque part. « Faut pas parler aux cons, ça les instruit » : cette citation de Michel Audiard suppose de réfléchir un peu, car il faut évidemment parler aux cons, si l’on veut qu’ils le soient moins.

Si tu prends l’autre pour un con et que tu t’adresses à lui de cette façon, en lui laissant entendre qu’il est bête à manger du foin, qu’il ne comprend rien à rien, quelle réaction provoques-tu ? Et toi, comment réagis-tu quand tu as la sensation qu’on te prend pour un con ? Sauf si tu cherches la confrontation stérile, et à ne rien changer parce que ça te va bien comme ça, en toute circonstance, dans la rue, au travail, dans ton couple, avec ta famille ou tes enfants, si tu veux être entendu, applique-toi à parler à l’autre sans lui faire la leçon : le mépris, la méchanceté et l’humiliation ne mènent à rien de bon.

Tu connais notre tendance naturelle à nous mesurer à l’autre, à nous ressentir inférieur ou supérieur. C’est parce que je le sais que, me voyant être et penser, je me positionne face à toi en égale, pas plus con que toi et au moins aussi con, et c’est aussi pour ça qu’il me semble utile de te dire que ça n’est pas en nous méprisant les uns les autres qu’on s’aidera à faire advenir des jours meilleurs. Une pensée particulière pour le terrain militant propice à la défiance et aux clashs publics ; si à la moindre erreur ou maladresse, on balance le bébé avec l’eau du bain, on n’ira pas loin. On ne gagnera rien de mieux en se laissant agir par la loi du plus fort. Sauf cas certifiés de cons damnés, nous sommes toutes et tous susceptibles d’être cons à l’occasion, mais pas condamnés à le rester pour l’éternité.

Je suis aussi con que les autres, pas plus et pas moins que toi, et pas plus que toi condamnée à le rester. Assumons notre égalité : nous sommes aussi cons les uns que les autres, il n’y a pas d’élus et ça n’est pas en se traitant de cons que nous nous donnerons la chance de l’être moins. Chacun est susceptible de comprendre et de faire mieux une autre fois : faire preuve d’humilité et d’indulgence, nous dire les choses qui fâchent en veillant à ce que la façon de dire ne nuise pas au propos, nous sera utile pour la suite du monde. On ira doucement, pas à pas. C’est pas gagné, ça va mieux en le disant, et puis le battement d’aile du papillon, et tout ça quoi… On en reparlera.

éthique politique populaire

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